Matoš dans la capitale

Le poète-vagabond croate à Paris

Antun Gustav Matos

C’est à travers la figure tutélaire du poète maudit, du patriote libertaire, du « prosatore » magnifique, du mangeur de cailloux : Antun Gustav Matoš – ombre huysmansienne hantant les faubourgs et les ponts de la capitale à l’orée du XXe siècle – qu’est célébrée la balade urbaine contemporaine : Un voyage croate à Paris.
Accompagnés d’étudiants croates, vous suivez le parcours imaginaire à Paris du poète-vagabond. Cette balade urbaine dessine la présence croate dans la capitale à travers les siècles par des personnages illustres du domaine des arts, des lettres, des sciences et de la guerre…

Atelier-de-Andrya-Filipovic

Atelier-de-Andrya-Filipovic

Matos à Paris
Antun Gustav Matoš est la figure centrale de la Moderna, cette innovation radicale dans la littérature croate qui s’est rapidement européanisée et modernisée en absorbant les nouveaux courants du symbolisme, du modernisme, de l’impressionnisme et d’autres mouvements adossés à la culture littéraire française avec pour tenants Baudelaire, Mallarmé, Barrès et Huysmans.

La balade urbaine rappelle aussi les liens étroits et continus entre la France et la Croatie depuis les fameux hussards du Royal-Cravate jusqu’au XXIe siècle avec l’existence de la petite communauté croate de Paris.

Les cheveux consolateurs

Je t’ai vue hier soir. En rêve. Affligée. Morte.
Dans la funeste salle, dans l’idylle des fleurs,
Exposée sur le catafalque à l’agonie des bougies,
Et j’étais prêt à te donner ma vie en sacrifice.
Je ne pleurais pas. Non. Je me tenais plein de stupeur
Dans la funeste salle que remplissait la mort splendide,
Doutant que les yeux clairs avaient noirci,
Dont la lumière un jour avait béni ma vie.
Tout, oui, tout était mort : les yeux, les mains, le souffle,
Tout ce que ma détresse voulait revivifier,
dans l’horreur aveugle et la passion de la douleur.
Dans la funeste salle et les pensées blêmes,
Seuls tes cheveux vivaient encore
Et ils me dirent : – Paix ! Ne sais-tu pas que mort, on rêve ?

 

 

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